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2010 : La Satyre ménippée

 

 

La Satyre ménippée
Éditeur : Martial Martin
Collection : Textes et contre-textes, n°10, 2010, 10 € (dir. Michèle Clément)

 

Le plus célèbres des libelles de la fin des guerres de religion, telle est la Satyre ménippée.
Rares sont les oeuvres littéraires qui ont laissé une telle empreinte dans l'Histoire ; la Satyre Ménippée a, dit-on, permis à Henri IV de devenir roi. Pour y parvenir, elle a su imposer une vision forte et nouvelle de la nation France, libérée d'une référence étroite au catholicisme, une construction monarchique inouïe sous couvert de la tradition, une fiction de circonstance tout de suite portée à la hauteur d'un mythe commun et étonnamment encore ardente quatre siècles plus tard.
Depuis l'assassinat d'Henri III en 1589, l'avenir du pays est, comme le sort des armes, indécis. En 1593, les ligueurs ultra-catholiques, hostiles à l'accession au trône d'Henri de Navarre, un « hérétique relaps », réunissent les états généraux pour élire le plus apte d'entre eux à régner sur la France. Jouant sur les infâmes dogmatismes, les ambitions éhontées et les manoeuvres les plus cyniques et les plus grossières qui s'y étalent au grand jour, un manuscrit circule, mordant, acerbe, sarcastique comme jamais, n'hésitant pas à dénoncer nommément les plus hauts responsables du mouvement, à travers des harangues qu'ils sont censés prononcer successivement lors des états et qui dévoilent, sous les couleurs de l'éloge ironique, leurs plus noires motivations. Dans sa lignée, mais plus polie, davantage nourrie de la culture et des lettres humanistes, plus plaisante, la Satyre Ménippée sort des presses royales : les qualités littéraires qui s'expriment dans une amplification des discours, parfois en latin ou en italien, dans un pittoresque nouveau, une carnavalisation accentuée, une référence renforcée à Rabelais ou encore dans l'interpénétration du vers et de la prose en assurent le succès pour longtemps.
Du XVIIe au XIXe siècle, cette oeuvre ne laisse de constituer une référence politique fondamentale. En outre, elle garde, pour nous encore, comme l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature satirique, sa pleine place entre Rabelais et Les Provinciales.

Il existe de La Satyre Ménippée trois éditions du XIXe siècle, toutes épuisées ; on ne trouvait sur le marché avant cette édition de poche que deux états du texte : un reprint de l'édition Labitte (1841) chez Ressouvenances (1997), mais il s'agit d'un collage discutable d'états différents de l'oeuvre et l'édition critique du texte par Martial Martin chez H. Champion (2007).

Martial Martin
Agrégé et docteur en littérature, maître de conférences en sciences de l'information, Martial Martin enseigne l'histoire des médias et les théories de la communication à l'Université de Reims (IUT de Troyes). Spécialiste des libelles durant la première modernité, il a donné une ample édition de la Satyre Menippee de la vertu du catholicon d'Espagne chez Champion en 2007. Il participe actuellement à la publication des Mémoires-journaux de L'Estoile pour le règne d'Henri IV (Droz) et travaille sur la question de la voix publique et de la représentation nationale aux XVIe et XVIIe siècles.

 


 


mise à jour le 6 novembre 2014


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