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Doctorants du Grac

 

Liste des doctorants par ordre alphabétique


Florence BONIFAY

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Partage du champ littéraire : espace commun - espace propre. La Pléiade entre émulation, rivalité et animosité (1545 - 1590) (dir. Michèle CLÉMENT)

Objet : Ce travail de recherche étudiera d’abord comment le groupe Pléiade a défini un espace commun. Il s’agira de déterminer comment cet ensemble de poètes est passé à la postérité en tant que groupe laissant dans l’ombre toute une série d’autres poètes qui ont été marginalisés. Qui est dans ce nouvel espace et qui est hors de cet espace ? Qui décide de la ligne de partage entre le dedans et le dehors ? Comment se positionnent ceux qui ne font pas partie de ce groupe ? Autant de questions qui mettront au jour les tensions existant entre le groupe de poètes composant la Pléiade et quelques personnalités du XVIe siècle.
Mais une fois posé de cadre d’une pratique renouvelée de l’écriture poétique, les jeunes poètes révolutionnaires font plutôt preuve d’individualisme et tentent de défendre un espace propre. Chacun se veut chef de file, plus novateur que le confrère et méritant davantage l’attention royale. Dès lors, le rapport entre les hommes de la Pléiade dépasse souvent la simple stimulation collective à se surpasser et les exemples sont nombreux, qui témoignent d’une rivalité pouvant basculer dans l’animosité. Pour comprendre les ressorts de ces relations conflictuelles, les domaines d’exploration seront nombreux : où est visible, dans les œuvres de ces poètes le témoignage d’une rivalité littéraire ? Dans quelle mesure le choix d’une langue ou d’un genre permet-il de se démarquer des rivaux ? Au fil de leur carrière, quelle stratégie éditoriale est choisie par ces hommes de lettres pour se démarquer des confrères ? Par le système des dédicaces, à quel réseau social, politique et religieux cherche à appartenir chacun de ces auteurs ? Autant de pistes d’explorations qui participeront de la remise en question récente de l’existence réelle d’un groupe appelé « Pléiade ». L’éclairage de la sociologie sera sollicité pour décrire les mécanismes de l’imbrication entre pratique artistique, appartenance à un groupe social, dépendance au politique et conviction religieuse chez ces auteurs. La notion de « champ littéraire » sera réexaminée à la lumière du XVIe siècle : en effet, ces disputes pour défendre des territoires poétiques ne permettent-elles pas de parler de l’émergence d’un champ littéraire au XVIe siècle ?
Voici, brièvement exposées, les pistes que nous nous proposons d’explorer pour rendre compte de la tension entre défense d’un espace commun et revendication d’un espace propre chez les poètes de la Pléiade pendant près de quarante années (des cours au collège de Coqueret, dans les années 1545, à la mort des derniers membres dans les années 1590).

Cyril CHERVET

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Le corps et ses enjeux philosophiques dans le théâtre de Molière (dir. Laurent THIROUIN)

Objet : Notre travail voudrait reprendre à la racine le problème du "sens" de l’oeuvre de Molière en tentant de mettre au jour sa plus exacte consistance philosophique. Il ne s’agit pas de réduire à une collection de systèmes univoques et monosémiques une œuvre dont le sens est, par la nature même de son énonciation, "irréductible", ni de déployer seulement une série de ponts possibles entre Molière et quelques grands (ou moins grands) noms de l’histoire de la philosophie : par le biais du corps, notion dont la complexité et l’étendue permettent et imposent une grande ductilité du regard critique, nous espérons plutôt suivre l’élaboration mouvante et peut-être aléatoire d’une sagesse dont la forme semble sans cesse redéfinie par et dans les innovations de la dramaturgie. Parce qu’il est une des spécificités sémiologiques du mode d’expression choisi et exhaussé par Molière et que ce dernier n’imagine pas que l’on puisse saisir le sens de son œuvre sans se la représenter, au moins mentalement, dans son incarnation scénique, le corps peut servir de judicieuse porte d’entrée, à la fois formelle et conceptuelle, dans l’abord d’une série de questions cruciales posées par ce théâtre : celles-ci relèvent des domaines alors indissociables de la philosophie (la réflexion sur la Nature, la place du scepticisme hérité de Montaigne et passé par Charron et La Mothe le Vayer, le débat sur le corps autour des thèses cartésiennes), des sciences (l’évaluation de la référence mécaniste développée par la théorie et dans la pratique médicale), de la religion (l’empreinte du matérialisme lucrétien et la juste mesure d’une valorisation anti-chrétienne du corps), de l’éthique enfin (les droits et les devoirs du corps dans une société du paraître et du plaire, le rôle dévolu au pouvoir et à l’éducation dans la constitution d’un corps voulu conjointement honnête et naturel). C’est donc au muet de la communication théâtrale que nous voulons d’abord redonner la parole ; c’est aussi à cette réalité qui nous est à la fois intime et inconnue et que la majeure partie des philosophes, par défiance ou par impuissance, relèguent au second rang et tiennent pour l’"autre" de la pensée : dans le cadre d’une représentation théâtrale dont il est en même temps le sujet et l’objet, le corps de Molière occupe lui une place centrale, à la fois instrument et empreinte de sa vision du monde, enjeu du renouvellement esthétique permanent de son oeuvre et lieu de l’expression la plus complète de son rapport à la vie, à la société et au réel.


David CLOT

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Les échanges artistiques entre la France et Venise durant la première moitié du XVIe siècle. A propos de Sebastiano Serlio (dir. Sylvie DESWARTE-ROSA)

Objet : Originaire de Bologne, Sebastiano Serlio (1475 ?-c. 1553) est l’auteur d’un important traité d’architecture publié, à partir de 1537, sur les presses de Venise, Paris, Lyon et Francfort. En 1541, après un long séjour à Venise, Serlio entreprend de se rendre en France où, nommé architecte du roi, il réside jusqu’à sa mort. Pour quelles raisons et dans quelles conditions s’est opéré ce transfert ? Il est traditionnellement admis que le départ de Serlio de Venise répond à des préoccupations économiques et qu’il s’inscrit dans un mouvement plus large qui voit l’essor de la culture italienne en France. Depuis Venise, ce mouvement s’organise autour d’un réseau formé de diplomates, d’hommes de lettres et d’humanistes. Pour vérifier ces hypothèses, il convient tout d’abord d’étudier les cercles fréquentés par Serlio à Venise et les différentes activités de l’artiste tour à tour peintre, architecte, théoricien et conseiller. Nous nous intéresserons tout spécialement au rôle des ambassadeurs français tels que Jean de Langeac, Georges de Selve, Lazare de Baïf, Georges d’Armagnac et Guillaume Pellicier ainsi qu’à l’influence jouée par Marguerite de Navarre. L’engagement de la reine dans le transfert de Serlio s’avère, à bien des égards, tout à fait exceptionnel. Nous aborderons alors la question de la religion de Serlio, et, au vu de nouveaux éléments, l’idée d’un exil. Nous étudierons enfin le parcours de l’artiste en France et ses dernières années à Lyon aux côtés notamment de Jean de Vauzelles et Jean de Tournes.

Guillaume DE SAUZA

Doctorat en cours

Titre du doctorat : L’esthétique de la poésie amoureuse de Guillaume Des Autels (dir. Michèle CLÉMENT)

Objet : Ce doctorat entend mettre en lumière la cohérence et l’originalité de la poétique amoureuse de Guillaume Des Autels (1529-1581), esthétique insolite ne se fermant ni à l’héritage des Rhétoriqueurs et des marotiques, ni aux innovations de la Brigade. Il s’appuie sur les diverses productions (en français et en latin) de la lyre amoureuse du gentilhomme charolais, à savoir une trentaine de poèmes épars et quatre recueils jamais réédités : Le Moys de May (après 1545), le Repos de plus grand travail, (1550) la Suite du Repos (1551), l’Amoureux Repos (1553) et l’Encomium Galliae Belgicae (1559). Sans négliger la biographie de l’auteur, sa poésie politique ou sa Mythistoire, cette recherche étudie dans quelle mesure la carrière de Des Autels a pu influencer son esthétique, en envisageant notamment les liens qu’entretient sa production poétique avec celle des milieux lyonnais et celle de Pontus de Tyard. Il faut aussi confronter la réflexion théorique du poète - formulée notamment dans sa Réplique - et ses pratiques de la poésie amoureuse, en plaçant l’accent sur les choix stylistiques, l’utilisation particulière de la mythologie, le réinvestissement du néo-platonisme et du pétrarquisme, la pratique de l’imitation, ainsi qu’une thématique privilégiée par Des Autels, la tension entre visible et indicible - servie par des jeux typographiques et des effets visuels - qui nourrit une singulière poétique du dévoilement.


Émilie DUHAMEL

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Vie privée, vie publique dans l’œuvre de Paolo Véronèse, de la Villa Maser (1560-1561) au Palais des Doges (1575-1578) (dir. Sylvie DESWARTE-ROSA)

Objet : Paolo Véronèse (1528-1588) est l’un des grands peintres vénitiens. Il débute très tôt sa carrière en décorant plusieurs villas de la terraferma. Les fresques de la villa Maser date des années 1560-1561. Elles ornent les murs d’une villa construite par Andrea Palladio. Destinée à un usage privé, les fresques illustrent à la perfection le mode de vie et de pensée de ses commanditaires, les frères Marcantonio et Daniele Barbaro. La décoration du Palais des Doges est, quant à elle, l’une des dernières grandes œuvres de Véronèse. Conseillés, entre autre, par Palladio, les trois sages chargés de la réfection du palais confièrent à Véronèse l’exécution des peintures de la salle du Collège en 1575 qui dura jusqu’en 1578. « Propagande » politique illustrant la grandeur de Venise, ces toiles ont pour but d’impressionner les hôtes prestigieux. Elles participent ainsi à l’écriture du mythe vénitien. À travers ces deux programmes, nous nous intéresserons tout spécialement à l’influence des cercles fréquentés par l’artiste : architectes, humanistes, lettrés ainsi qu’à ses principaux commanditaires, les frères Barbaro qui contribuent à la mise en place du projet iconographique. Se pose alors la question du pouvoir de l’image en tant que moyen de convaincre le spectateur, puisqu’elle participe à la mise en place d’une idéologie. Nous nous interrogerons enfin sur la limite entre l’idéologie et l’idéalisme : ces deux notions utilisent-elles les mêmes procédés rhétoriques ?


Nathalie FILLIAT

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Images et imaginaires dans l’illustration du récit de voyage au XVe siècle : autour des éditions incunables du « Voyage d’Outremer » de Jean de Mandeville (dir. Sylvie DESWARTE-ROSA)

Objet : Dans le domaine des littératures de voyage, l’oeuvre de Jean de Mandeville tient une place prépondérante puisqu’au cours du seul XVe siècle elle fut l’oeuvre la plus éditée par les presses des premiers imprimeurs. Au nombre important de ces éditions s’adjoint une illustration très riche qui trouve son origine dès les premiers manuscrits. Plus avant, à partir des séries iconographiques dressées par les premiers imprimeurs, et à travers des réseaux de circulations des matériels et de personnes actrices de l’imprimerie dans tout l’Occident, les images déjà ancrées dans une sorte de tradition médiévale, se diffusent dans la plupart des pays occidentaux, créant au sein de l’édition de l’oeuvre de Jean de Mandeville une nouvelle tradition d’illustration plus ou moins fixe qui se retrouve jusque dans les siècles avancés de l’époque moderne.
Cette iconographie est au centre de la recherche de cette thèse qui vise à dresser le panorama des images et symboles employés dans les incunables et post-incunables de cette oeuvre en dégageant quelques problématiques essentielles autour du passage du manuscrit à l’imprimé, du choix des thèmes iconographiques, de leur traitement dans les différentes sources et de leur passage d’une édition à une autre.
Le véritable sujet de l’enquête est donc la transmission, celle d’une technique de reproduction de l’image à une autre, celle de séries iconographiques d’une édition à une autre, des choix et des refus, des modifications apportés à ces séries au cours des nombreux passages d’ateliers d’imprimeurs, de pays, et de langues.
L’image pose encore la question de ses qualités et fonction au sein de livres qui proposent, bien plus qu’un guide vers l’Orient, une véritable expérience de l’altérité, un voyage en chambre comme il est souvent admis. Petit cabinet de curiosité personnel ou prémices d’une encyclopédie illustrée ?
L’enquête devrait permettre de dévoiler l’exemple très spécifique de cet ouvrage dont on trouve encore aujourd’hui une illustration enracinée dans la tradition médiévale de l’image.

Ming Chuan HSUEH

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Édition critique de « L’Honneste Femme », du Père Jacques Du Bosc (dir. Laurent THIROUIN)

Objet : Écrivain de la première moitié du XVIIe siècle, Le Père Jacques Du Bosc est principalement connu par sa position favorable aux dames et pour sa polémique contre les jansénistes. Sous la protection de Richelieu, Du Bosc rédige, comme Faret et Grenaille, des œuvres concernant l’honnêteté afin d’établir des relations nouvelles entre les individus, à la Cour comme à la Ville. La question de l’honnêteté préoccupe beaucoup l’esprit du XVIIe siècle. Au cours du temps, la société cherche à connaître le « juste milieu » afin de s’approcher de cette qualité mondaine. Dans ce cadre, Du Bosc fut parmi les premiers à proposer un manuel destiné à enseigner aux deux sexes les moyens de parvenir au monde de l’honnêteté.
Ce projet se propose d’étudier le contexte historique de l’écriture de Du Bosc, ses positions vis-à-vis de l’honnêteté, et surtout ce que signifie pour lui une honnête femme. Quelles sont les qualités appréciées et quels sont les critères nécessaires pour entrer dans le commerce du monde ? Cette étude vise également à découvrir la culture dont le cordelier est imprégné. Le travail d’annotation nous permet de connaître les sources où il puise pour illustrer son ouvrage.
Ce projet vise également à découvrir la vie de Du Bosc, et l’influence de son statut religieux sur l’ensemble de ses ouvrages, et notamment sur L’Honneste femme. Pour cet homme, nourri de l’enseignement de saint François de Sales, quels sont les principes pour « accommoder » la vie dévote à la société mondaine ? Y a-t-il un rapport avec sa position anti-janséniste ?
Enfin, l’édition critique rendra compte de l’évolution du texte maintes fois réédité au cours du XVIIe siècle : seront envisagées les différentes étapes de la rédaction et la question des privilèges, puis les textes des premières publications seront confrontés à l’édition corrigée de 1658.


Hélène LANNIER

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Benoît Lecourt, un juriste humaniste à Lyon dans les années 1530-1550  (dir. Michèle CLÉMENT)

Objet : Le projet de thèse se situe au carrefour de deux disciplines : l’histoire du livre et l’histoire de la littérature française et néo-latine. Quoique souvent évoqué, Benoît Lecourt est mal connu des seiziémistes s’intéressant au milieu du livre lyonnais de la Renaissance. Originaire de Saint-Symphorien-le-château (aujourd’hui Saint-Symphorien-sur-Coise), Benoît Lecourt était juriste, curé et Chevalier de l’Église de Lyon. On le connaît aussi pour avoir publié à Lyon trois œuvres écrites en latin, notamment un commentaire juridique aux Arrêts d’Amours de Martial d’Auvergne qui fut réédité jusqu’au XVIIIe siècle. De plus, la bibliothèque de Benoît Lecourt constitue sans doute l’un des exemples les plus importants de bibliothèques lyonnaises privées et l’ensemble le plus homogène de reliures lyonnaises de la Renaissance. Ainsi l’étude prendra-t-elle la forme d’une monographie dans laquelle la vie, l’œuvre ainsi que la bibliothèque de Benoît Lecourt seront étudiées. Il s'agira de comprendre la place de cet auteur dans le milieu érudit et littéraire lyonnais de la première moitié du XVIe siècle ainsi que de proposer un modèle de fonctionnement de l’invention littéraire et un modèle de bibliothèque privée dans lesquels pourront se lire les interactions entre le monde de l’imprimerie, l’œuvre d’un auteur, les milieux de la création lyonnaise et les pratiques de lectures d’un particulier.


Maud LEJEUNE

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Répercussions du livre à figures lyonnais dans la production artistique allemande de la seconde moitié du XVIe siècle. Étude autour de l’œuvre de Virgil Solis et de Jost Amman (dir. Sylvie DESWARTE-ROSA)

Objet : Dans la première moitié du XVIe siècle, il est courant de noter des emprunts réalisés, au sein de la production typographique, par les artistes et les imprimeurs lyonnais auprès de leurs confrères vénitiens, bâlois ou nurembergeois. Or, par un curieux revirement, il semble que l’école de gravure de Lyon avec comme chef de file, Bernard Salomon, exerce une influence sur ses voisins dès les années 1550. On relève souvent en passant dans la littérature consacrée à l’art, les copies effectuées par Virgil Solis et Jost Amman, s’appuyant abondamment sur le corpus salomonien, pour prélever une composition entière, un motif plaisant ou simplement puiser une inspiration en reprenant une idée ou un thème. Notre objectif, dans cette recherche, est d’établir, d’évaluer et d’apprécier les rapports unissant ces productions. Quels fruits les artistes germaniques pouvaient-ils tirer de ces vignettes délicates, de ces petites figures élancées aux allures raffinées ?
 

Servane LHOPITAL

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Confrontation de la liturgie et du théâtre au XVIIe siècle : enjeux de la représentation (dir. Laurent THIROUIN)

Objet : L’étude de la querelle de la moralité au théâtre met en avant une hantise chez les moralistes et penseurs du XVIIe siècle : la dangereuse proximité des moyens de la liturgie et de ceux du théâtre. Les détracteurs ne cessent de réaffirmer l’impossible cohabitation de l’Église et du Théâtre, et refusent à ce dernier le droit de moraliser. Dans les Orationes du père Cellot, le comédien faisant sa défense laisse entendre une forte parenté entre la prédication et son art. On peut dès lors légitimement se demander quelle est la réalité des conventions liturgiques et théâtrales au XVIIe siècle, afin de comprendre les conditions de possibilité de ce rapprochement et de cette rivalité. Il s’agit de comprendre les enjeux théologiques, moraux, poétiques et dramatiques sous-jacents afin de pouvoir rendre compte de la ligne de partage entre ces deux pratiques. Nous espérons mettre en lumière les deux pactes, liturgique et théâtral, qui se mettent en place au XVIIe siècle, et sur lesquels les deux pratiques se sont développées parallèlement, et non plus, comme au Moyen-âge, en relation étroite. Un tel travail devrait apporter des éléments nouveaux sur les realia liturgiques et théâtrales. Il nous conduira à repenser la mimesis dramatique, par comparaison avec la manière liturgique d’agir le récit révélé. Enfin il pourra servir de base à des travaux ultérieurs sur l’influence de la liturgie dans la production dramatique, tant par les thèmes que par la structure.
 

Monica MARINO

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Les Femmes dans le dialogue humaniste à la Renaissance (France–Italie, 1520-1590) (co-direction : Michèle CLÉMENT et Jean-Louis FOURNEL, (Paris 8), oct. 2007)

Objet : Diotime, Sophie et les autres : étude de la construction et de l’évolution du rôle de l’interlocuteur féminin dans le dialogue humaniste en France et en Italie. Le projet croise des thèmes d’études assez fréquentés par les spécialistes des lettres du XVIe siècle : la question de l’éducation des femmes entre la Renaissance et l’Age Classique et celle de l’émergence d’une pratique littéraire féminine s’imposant surtout en Italie et en France, parallèlement à la diffusion de l’imprimerie, au renouveau culturel humaniste et à l’essor des cénacles liés aux cours de l’aristocratie. On peut s’appuyer aussi sur de nombreux ouvrages critiques touchant les différents moments de la “querelle des femmes”, et éclairant les différents discours et attitudes des auteurs qui se sont rangés d’un côté ou de l’autre, vis-à-vis de ce qui apparaît finalement la suite logique de la diffusion du thème de la “dignitas hominis”, celle de la dignité des femmes. Dans la perspective que l’on propose ici, on retrouvera ces problèmes dans l’essor d’un genre qui connaît un remarquable succès et dans son ouverture à la voix féminine.
 

Julie MÉNAND

Doctorat en cours

Titre du doctorat : Le Père Jésuite François Garasse (1585-1631) (dir. Laurent THIROUIN)

Objet : Le Père Jésuite François Garasse reste un écrivain du premier XVIIe siècle assez connu et peu étudié en dépit de son abondante production polémique, publiée entre 1614 et 1626. Son œuvre est réputée illisible, par les valeurs qu’elle défend et la violence qu’elle déploie, par sa longueur et son manque de consistance, par son style même, enfin. Cependant, les travaux sur le libertinage ont conduit à s’intéresser à la figure du libertin telle qu’il la dessine dans sa Doctrine curieuse. De telles études invitent à reconsidérer le Père Garasse, qui apparaît comme le jésuite polémiste le plus lu et le plus connu entre 1617 et 1626, et comme un prédicateur à succès. L’ensemble de son œuvre, cependant, ne fait encore à ce jour l’objet d’aucune étude spécifique. Le Père Garasse, qui participe à l’ensemble des querelles de son temps, est étudié ponctuellement, de façon fragmentaire, et n’est que très peu analysé en tant que tel. Ce projet se propose d’inverser les perspectives, en s’intéressant au Père Garasse, non pas sous l’angle du libertinage ou du jansénisme naissant, mais sous l’angle qui est le sien, celui de la Réforme catholique et de ses combats, celui de la Compagnie de Jésus et de ses intérêts. Il s’agit d’envisager son œuvre polémique dans son ensemble et pour elle-même, d’un point de vue double, philosophique, théologique et moral d’une part, littéraire d’autre part ; il s’agit de s’attacher à établir s’il existe une pensée du Père Garasse, et à déterminer les formes par lesquelles elle s’énonce. Son œuvre, essentiellement polémique, est également à étudier dans le rapport qu’elle tisse avec les autres œuvres de son temps, qu’il s’agisse de rapports d’opposition, ou de filiation. Ce projet vise donc à mettre en perspective l’œuvre du Père Garasse, à la replacer dans le contexte de son époque, polémique et rhétorique, pour mieux en dégager la spécificité littéraire et philosophique.

Alexandre PARNOTTE

♦ Doctorat en cours

Titre du doctorat : Gabriel Syméoni (1509-après 1577) : un humaniste entre France et Italie (dir. Sylvie DESWARTE-ROSA)

Objet : Les thèmes étudiés correspondent aux intérêts que l’humaniste florentin Gabriel Syméoni - personnalité polyédrique - a développés dans son œuvre : la poésie, les recherches historiques et archéologiques, l’ésotérisme, les écrits politiques, l’emblématique et les livres de devises, etc. Notre propos embrasse globalement Syméoni et son œuvre, les textes comme les images qu’il a produits.
L’étude a pour cadre l’Europe des humanistes du XVIe siècle (et principalement les échanges artistiques entre France et Italie). Nous espérons faire la lumière sur certaines périodes de la vie de Syméoni : d’abord ses années de formation à Florence dont on ne sait quasiment rien, la première période française (1528-1538) où Syméoni courtisan-poète suit la Cour, puis le retour à Florence sous domination médicéenne (1539-1545). Quelques événements plus circonscrits dans le temps méritent une investigation : la Paix de Nice (1538), l’année 1542 à Rome (fut-il en contact avec l’Académie Vitruvienne ?), la publication de ses premières œuvres à Venise et sa présence au Concile de Trente en 1546. Enfin les années de maturité (les deux décennies 1550-1560) à Lyon, d’une part dans le milieu de l’industrie du livre où il est un proche collaborateur des libraires et des peintres-graveurs, d’autre part en tant qu’acteur de la sodalitas des humanistes-antiquaires et poètes lyonnais, demandent une étude détaillée.
Il s’agit donc de mener une « étude de milieu » autour de Syméoni et de mettre en valeur le réseau des humanistes auquel il appartient. Nous n’excluons pas, dans la continuité du DEA, de travailler à l’édition critique de ses ouvrages et notamment de certains de ses manuscrits inédits.

Charlotte TRIOU

♦ Doctorat en cours

Titre du doctorat : L'ordinaire de la création ». La composition des canzonieri comme exercice éthique chez les poètes français du XVIe siècle (1537-1590). (dir. Michèle CLEMENT)

♦ Objet : Il s'agit d'étudier le genre du recueil d'« amours » dans ses périodes d'essor et de renouvellement maniériste chez les poètes français (Marot, Scève, Tyard, Du Bellay, Ronsard, Magny, Baïf, Peletier, Labé, Taillemont, La Haye, Grévin, D'Espinay, Jodelle, La Boétie, Desportes, Jamyn, De Brach, Hesteau, Romieu, Birague, Blanchon, Beaujeu, D'Aubigné…). Un paradigme générique se développe, fondé sur un isomorphisme des poèmes, un nom féminin unique, une hétérogénéité de ton, une absence de cohérence narrative ou logique, et un certain ethos de poète-amant au désir insatisfait. À travers des glissements métaphoriques entre le travail-souffrance de l'amant, fictif, et le travail-labeur du poète, réel, les poètes élaborent un ethos en contrepoint d'une mythologie de l'inspiration poétique. Les « amours » fournissent matière à un exercice rhétorique qui met en jeu indissociablement ethos et éthique. Or, si une position esthétique par rapport aux « pétrarquisants » pourrait se lire dans des poèmes précis dont c'est le sujet, une dimension éthique se lit en acte, dans l'ampleur, l'exigence, la teneur des recueils. Ainsi, il convient de faire porter l'analyse sur le travail continuel d'une forme brève choisie (dizain, douzain ou sonnet), afin de dégager les habitudes de composition qui sont l'« ordinaire de la création », ainsi que sur les mécanismes d'un exercice méditatif de réécriture dans les corrections et les continuations des recueils. Cette thèse vise à comprendre comment, au sein d'un dispositif éthique qu'ils s'approprient en discutant l'itinéraire de Pétrarque, les poètes créent pour eux-mêmes des dynamiques de perfectionnement poétique en exploitant des formularités qui leur sont propres.


mise à jour le 2 juillet 2015


Université Lumière Lyon 2