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Présentation et titres

 

 

Collection de poche
Collection «Textes et Contre-Textes» :
douze titres depuis 2001


Responsable de la collection : Michèle Clément, professeur de littérature française à l'Université Lumière Lyon 2

Cette collection a pour enjeu de rendre disponible des textes littéraires des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles jamais réédités ou dans des éditions inaccessibles à des bourses étudiantes. Alors que certains textes de cette période existent souvent en de multiples éditions dans des versions de poche, si l'on veut enseigner une pièce du théâtre du XVIe siècle, un poète de la Pléiade autre que Ronsard ou Du Bellay, certaines pièces de Corneille... ou bien le texte est introuvable ou bien il n'est accessible que dans des éditions très coûteuses. La promotion de la littérature passe par la disponibilité de ses textes auprès du plus grand nombre. Le succès de la collection depuis huit ans prouve qu'elle répond à un besoin.
La collection porte le nom de "textes et contre-textes" car chacun de ses titres peut ou bien s'étudier en parallèle avec un autre texte classique, disponible par ailleurs (Les Regrets de Du Bellay avec La Gélodacrye ; les Amours de Ronsard avec les Amours de Jodelle ou avec l'Hécatombe à Diane...) ou bien s'étudier avec un de des textes publiés conjointement : c'est le cas de l'Oedipe de Corneille publié avec celui de Voltaire, des trois versions XVIIe siècle de Sophonisbe ou des quatre versions XVIIIe siècle de "La Belle et la Bête", réunies en un volume.
Les textes sont soigneusement établis sur les éditions originales et pourvus d'un appareil critique minimal.

Les livres sont à commander auprès des


Publications de l'Université de Saint-Étienne

35 rue du onze novembre

42 023 Saint-Étienne


 

2001 - La Gélodacrye et les Vingt-quatre sonnets romains de Jacques Grévin, éd. Michèle Clément, 143 p., 6,10 €.

Ce recueil de sonnets, qui allie rire et larme comme l'indique son titre grec, est un recueil satirique très proche des Regrets de Du Bellay (les Vingt-quatre sonnets romains étant eux proches des Antiquités du même Du Bellay). Grévin, jeune poète et dramaturge brillant, ami de Ronsard dans ses débuts, devient par ses positions calvinistes un homme rejeté par son milieu intellectuel d'origine, exilé en Angleterre puis en Italie. Ses sonnets marquent le désenchantement de l'humaniste devant un monde qui "va à l'empire", passant sans transition du burlesque à la ferveur humaniste, de la prière à Dieu à l'atttaque violente des positions catholiques, du sonnet de louange à la vitupération. Les tonalités et les registres varient sans cesse, faisant de ce recueil une pièce essentielle de l'humanisme français interrogeant de façon critique certaines de ses valeurs.


2002 - La Belle et la Bête : Quatre métamorphoses (1742-1779), éd. Denis Reynaud et Sophie Allera, 213 p., 8 €.

- Nivelle de la Chaussée, Amour pour Amour
- Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête
- Marmontel, Zémire et Azor
- Genlis, La Belle et la Bête

Entre le premier roman de Mme de Villeneuve et les films de Cocteau ou Disney, la Belle et la Bête a connu de nombreuses métamorphoses, notamment au XVIIIe siècle, où ce conte constitua un phénomène culturel mineur aux passionnants enjeux, tant idéologiques (sexualité et éducation des femmes) qu'esthétiques (conte, comédie larmoyante, opéra comique). On trouvera ici, outre la version classique mais trop souvent défigurée de Mme de Beaumont (1756), trois textes plus rares, également en intégralité: deux comédies de Nivelle de la Chaussée (1742) et Mme de Genlis (1779) et un livret d'opéra de Marmontel (1771). Ces quatre oeuvres démontrent que La Belle et la Bête est bien une histoire des Lumières.


2003 - Les Amours et Contr'amours d'Étienne Jodelle, éd. E. Buron, 204 p., 8 €. rééd. 2005.

Étienne Jodelle (1532-1573) n'a pas publié ses oeuvres, ni composé lui-même ses Amours : il s'agit d'un recueil factice, constitué par des amis pour une publication posthume. Vers de commande ou de circonstance, certains de ces poèmes comptent parmi les plus beaux du seizième siècle français. Jodelle n'y dissimule pas la distance ironique qu'il entretient avec les conventions de la poésie amoureuse, en même temps qu'il la pratique en maître. Cette ambivalence éclate dans les sonnets des Contr'Amours, vestiges d'un recueil conçu contre le modèle des Amours alors en vogue : l'amant-poète dénonce la représentation traditionnelle de la femme aimée, qui le porte à idéaliser une maîtresse repoussante, contre laquelle il vomit sa haine. Même ambivalence dans la satire "Contre la Riere-Venus", violente diatribe contre la sodomie. Cette poésie cérébrale et tendue, où la vénération de la dame glisse souvent vers la satire des conventions poétiques ou le sarcasme féroce, permet au poète de reconquérir une voix personnelle contre un code amoureux aliénant, qui menace toujours de priver la singularité du sentiment amoureux d'un langage adéquat.


2004 - Oedipe de Corneille et de Voltaire, éd. D. Reynaud et L. Thirouin, 227 p., 8 € ; rééd. 2010, 10 €.

Retour de Corneille à la scène après sept ans de silence, début d'une glorieuse carrière théâtrale pour Voltaire, les Oedipe ont marqué l'histoire du théâtre classique en France et alimenté la réflexion critique. On trouvera dans ce volume, réunies pour la première fois, les deux tragédies de 1659 et 1718, accompagnées de quelques textes jusqu'ici difficilement disponibles dans leur intégralité, dont la «Troisième Dissertation» de l'abbé d'Aubignac et l'«Examen de l'Oedipe de Corneille» par Voltaire.


2005 - Les Contes amoureux par Madame Jeanne Flore, éd. Régine Reynolds-Cornell, 245 p., 7 €.

Depuis leur parution, à Lyon, sans doute au début des années 1540, les Comptes amoureux par Madame Jeanne Flore, touchant la punition que faict Venus de ceulx qui contemnent & mesprisent le vray Amour restent pour tout amateur de littérature de la Renaissance une source constante d'énigmes et de paradoxes, loin d'être tous résolus en dépit de la pléthore d'articles que cette oeuvre a déclenchée. Pour quelques-uns, c'est un canular ; quant aux autres, les opinions sont partagées. Certains y voient un divertissement misogyne, d'autres une simple invitation hédoniste aux plaisirs des sens sans arrière-pensée et sans message ultérieur. D'autres encore considèrent les Comptes Amoureux comme un manifeste protoféministe, et plus fréquemment un réquisitoire contre le mariage arrangé. Quant à Madame Jeanne Flore, aucun des écrivains résidant à Lyon entre 1530 et 1547 ne semble avoir rencontré l'érudite auteur qui n'a écrit qu'une oeuvre et est immédiatement retournée dans l'ombre d'où les Comptes l'avaient sortie. Aucun poème ne lui est dédié, elle n'est citée dans aucun ouvrage de l'époque, même en passant. Les critiques semblent maintenant accepter d'un commun accord qu'il ne s'agit pas d'un auteur unique et que les Comptes sont l'oeuvre de plusieurs auteurs anonymes résidant ou réunis à Lyon à l'époque. Leur identité est longtemps restée nébuleuse et l'est encore pour plusieurs des contes, mais il est permis de penser qu'une nouvelle génération de chercheurs, traquant les théories de l'amour et le style ici mis en oeuvre, découvrira quelques pistes inexplorées.

 
 

2006 - Les Galanteries grenadines de Madame de Villedieu, éd. Edwige Keller-Rahbé, 224 p., 8 €.

Loin d'être le plagiat insipide des Guerres civiles qu'ont pu présenter certains commentateurs, Les Galanteries grenadines (1672-1673) se veulent au contraire une réécriture enjouée et railleuse du chef-d'oeuvre de Pérez de Hita. Jalon atypique de la veine hispano-mauresque, alors en vogue au XVIIe siècle, ce petit roman inachevé propose aux « jeunes gens » et, surtout, aux « Dames » un questionnement sur l'esthétique galante au moyen d'un divertissement non dénué de « satires ingénieuses ». Aux lecteurs « intelligents », Mme de Villedieu promet en plus le piquant de l'énigme : recélant une clé, Les Galanteries grenadines invitent donc aussi à l'enquête policière....

 
 

2007 - L'Hécatombe à Diane d'Agrippa d'Aubigné, éd. Julien Goeury, 2007, rééd. 2010, 10 €.

L'Hécatombe à Diane, recueil de cent sonnets « sacrifiés » à Diane se présente comme un recueil pétrarquisant, de la veine du néo-pétrarquisme noir, volontiers sanglant et macabre comme l'annonce le titre même d' « hécatombe », Diane est ici à la fois la femme aimée et la déesse des sacrifices sanglants. Il s'agit donc de sonnets amoureux, rivalisant avec ceux de Ronsard, et faisant pendant à tous les « canzonieri » de la Renaissance européenne en intégrant une violence nouvelle dans le discours lyrique ; L'Hécatombe à Diane est un texte de jeunesse du poète d'Aubigné (recueil resté inédit jusqu'au XIXe siècle), poète plus soucieux de notoriété poétique que de la polémique religieuse, qui modèlera sa nouvelle veine lyrique dans Les Tragiques.

 
 

2008 - Sophonisbe, Mairet, Scudéry, Corneille, D'Aubignac, éd. Dominique Descotes.

L'histoire de Sophonisbe a donné lieu à un nombre considérable de tragédies, d'opéras et de récits historiques ou romanesques.
La présente édition réunit pour la première fois trois versions de cette histoire antique qui connut un grand succès entre la fin du XVIe siècle et le milieu du XVIIe siècle. Sont données ici la Sophonisbe de Mairet (sous la forme d'une tragédie en 1634), celle
de Scudéry (sous la forme d'une harangue parue en 1642 dans Les Femmes illustres, ou les harangues héroïques de Monsieur de S.) et enfin la tragédie de Corneille (1663). C'est le lien entre les trois qui devient alors évident ainsi que l'évolution des formes littéraires et du goût. Le grand mérite de Mairet est d'avoir dégagé l'histoire de Sophonisbe de la forme qu'elle a prise chez ses prédécesseurs, notamment Montchrestien. Les pièces des auteurs tragiques de la Renaissance sont plus proches de l'oratorio lamentatif que du théâtre d'action que réclamait l'évolution du goût du public au XVIIe siècle. Mairet et Scudéry enregistrent ce changement et c'est ensuite par référence à ces deux oeuvres qu'il faut évaluer la Sophonisbe que Corneille fait représenter début 1663. Tout autant que la pièce de Mairet, la harangue de Scudéry a servi de modèle négatif à Corneille. La pièce de Corneille est à la fois construite contre ces deux textes et ce n'est sans doute pas sans une certaine ironie sous-jacente que Corneille joue l'un contre l'autre deux de ses plus solides ennemis de la querelle du Cid. À la fin du volume, on trouvera les commentaires de l'abbé d'Aubignac sur cette dernière pièce qui offrent des jugements critiques, pas toujours de bonne foi, mais souvent suggestifs.


2009 - Erreurs amoureuses, Livre I de Pontus de Tyard, éd. Guillaume de Sauza.

Pontus de Tyard (1521-1605) incarne le courant humaniste français. Polygraphe, il compose, outre son importante oeuvre poétique, des traités scientifiques, plusieurs dialogues philosophiques, et il publie en 1551 la première traduction française des Dialogues d'amour de Léon Hébreu, un texte majeur pour le néoplatonisme de la Renaissance. En 1549, la parution des Erreurs amoureuses - qui sera suivie d'une Continuation (1551) et d'une Tierce partie (1555) - marque l'entrée de Tyard sur la scène littéraire, et ce recueil est tout aussi fondateur pour le pétrarquisme français que L'Olive, publiée en mars de la même année par Joachim Du Bellay. De fait, c'est le second canzoniere français à comporter des sonnets, et le premier - les Rymes de Pernette Du Guillet mises à part - à pratiquer une diversité formelle qui suit le modèle de Pétrarque. Profondément ancré dans le milieu littéraire et intellectuel lyonnais de son temps, le recueil des Erreurs amoureuses révèle tout autant l'influence de Délie de Maurice Scève que celle des théories du philosophe Léon Hébreu. Pourtant, la poésie de Tyard ne se résume pas à la célébration d'un amour éthéré, nimbé de platonisme mondain, et de nombreux aspects la distinguent de la production littéraire de son temps, sur un plan formel, générique, structurel, et thématique - avec notamment l'exploitation de la figure mythologique élégiaque d'Ixion, une persona singulière du sujet lyrique.

 
 

2010 - La Satyre ménippée, éd. Martial Martin.

Le plus célèbres des libelles de la fin des guerres de religion, telle est la Satyre ménippée.
Rares sont les oeuvres littéraires qui ont laissé une telle empreinte dans l'Histoire ; la Satyre Ménippée a, dit-on, permis à Henri IV de devenir roi. Pour y parvenir, elle a su imposer une vision forte et nouvelle de la nation France, libérée d'une référence étroite au catholicisme, une construction monarchique inouïe sous couvert de la tradition, une fiction de circonstance tout de suite portée à la hauteur d'un mythe commun et étonnamment encore ardente quatre siècles plus tard.
Depuis l'assassinat d'Henri III en 1589, l'avenir du pays est, comme le sort des armes, indécis. En 1593, les ligueurs ultra-catholiques, hostiles à l'accession au trône d'Henri de Navarre, un « hérétique relaps », réunissent les états généraux pour élire le plus apte d'entre eux à régner sur la France. Jouant sur les infâmes dogmatismes, les ambitions éhontées et les manoeuvres les plus cyniques et les plus grossières qui s'y étalent au grand jour, un manuscrit circule, mordant, acerbe, sarcastique comme jamais, n'hésitant pas à dénoncer nommément les plus hauts responsables du mouvement, à travers des harangues qu'ils sont censés prononcer successivement lors des états et qui dévoilent, sous les couleurs de l'éloge ironique, leurs plus noires motivations. Dans sa lignée, mais plus polie, davantage nourrie de la culture et des lettres humanistes, plus plaisante, la Satyre Ménippée sort des presses royales : les qualités littéraires qui s'expriment dans une amplification des discours, parfois en latin ou en italien, dans un pittoresque nouveau, une carnavalisation accentuée, une référence renforcée à Rabelais ou encore dans l'interpénétration du vers et de la prose en assurent le succès pour longtemps.
Du XVIIe au XIXe siècle, cette oeuvre ne laisse de constituer une référence politique fondamentale. En outre, elle garde, pour nous encore, comme l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature satirique, sa pleine place entre Rabelais et Les Provinciales.

Il existe de La Satyre Ménippée trois éditions du XIXe siècle, toutes épuisées ; on ne trouvait sur le marché avant cette édition de poche que deux états du texte : un reprint de l'édition Labitte (1841) chez Ressouvenances (1997), mais il s'agit d'un collage discutable d'états différents de l'oeuvre et l'édition critique du texte par Martial Martin chez H. Champion (2007).

 
 

2011 - Le portefeuille de Madame de Villedieu et La Valise ouverte de Préchac, éd. Nathalie Grande, 2011, 10 €.

On connaît et on admire les Lettres portugaises, modèle fondateur d'un roman épistolaire tourné vers l'analyse de la passion et les déchirements du coeur. Mais sait-on qu'au même moment, dans la France du Grand Siècle, la fiction épistolaire était explorée dans d'autres directions, moins pathétiques mais plus réjouissantes ?
Ce sont deux exemples de ces expérimentations que propose cette édition. On découvre ainsi comment Mme de Villedieu, dans Le Portefeuille (1674), a poussé la logique de la correspondance galante jusqu'à son terme libertin ; on constate avec La Valise ouverte (1680) de Préchac que le hasard peut devenir romancier. C'est en effet à l'abri de la fable du « roman trouvé » par un auteur qui n'en serait que l'éditeur que peuvent se déployer les audaces de telles fictions.



2012 - Recueil de pièces fugitives en prose et en vers. Par M. de V*** [Voltaire, 1739], éd. Olivier Ferret et Myrtille Méricam-Bourdet, 2012, 10 €

Collection « Textes et Contre-Textes » n° 12

Condamné et mis au pilon par l’arrêt du Conseil d’État du 4 décembre 1739, ce « recueil de pièces fugitives », en prose mais surtout en vers, offre un condensé de l’insolence du premier Voltaire. Par delà la diversité de cet ensemble de productions mondaines, philosophiques, critiques, se dessine, jusque dans les pièces familières, une cohérence idéologique qui rappelle le projet dont les Lettres philosophiques (1734) ont fourni un précédent essai tonitruant. Voltaire met ici à profit l’effet de recueil, qui permet aussi d’effectuer le lancement d’œuvres majeures comme Le Siècle de Louis XIV, tout en conférant un plus large retentissement à d’autres pièces jusque-là disséminées et réservées à un public restreint. Il affiche et met en scène à plus grande échelle une sociabilité essentielle pour la diffusion de ses textes.




mise à jour le 11 juillet 2014


Université Lumière Lyon 2